Couleuvre brune

La conservation 

en action

Couleuvre brune 

Une vie en ville qui ne tient qu’à un fil.

Où vit-elle?

Bien qu’on la retrouve parfois en abondance dans certains sites précis, l’aire de répartition de la couleuvre brune se limite à une très petite zone dans le Sud-ouest du Québec. Il est en effet difficile de concevoir que cette couleuvre ne peut être observée que dans la région métropolitaine de Montréal, et surtout sur des îles telles que l’île de Montréal, l’île Jésus (Laval) et l’île Perrot. C’est d’ailleurs pourquoi on la surnomme la « couleuvre des villes » aux États-Unis. Où la trouver? De préférence dans les friches, les prairies, les terrains vagues, les parcs, les abords de routes et les lisières de boisés.

Pourquoi s’y intéresser et travailler à la protéger? 

Inoffensive comme toutes les autres couleuvres du Québec, elle mesure en général moins de 35 cm de longueur. Malgré sa petite taille et son adaptabilité, et ne nécessitant qu’un modeste territoire pour survivre, on pourrait croire que sa situation n’est pas si inquiétante. C’est pourtant tout le contraire! Le développement urbain intensif dans la région la plus fortement peuplée du Québec représente une menace sérieuse à la survie de la couleuvre brune. Isolées dans des îlots de milieux naturels en régénération qui sont toujours plus convoités par les projets de construction, ses populations font face à des obstacles majeurs.

Déjà, de nombreux sites où des populations connues existaient ont été entièrement détruits suite à des travaux de développement, et plusieurs autres pourraient disparaître à très court terme. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’espèce est en déclin et figure depuis 1992 sur la Liste des espèces de la faune susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables du Québec.

Que faisons-nous?

Depuis de nombreuses années, nous participons à l’inventaire et à l’étude des populations de couleuvres brunes. Grâce à ces travaux, il nous est possible d’identifier la répartition précise des populations de l’espèce, de cerner les menaces qui pèsent sur elles, d’étudier les meilleures méthodes pour protéger ses habitats et de définir les priorités de conservation.

Voici un résumé de nos actions :

Début des années 2000 : Sur une période d’environ 7 ans, le Zoo Ecomuseum a participé à l’inventaire des couleuvres brunes, situant ainsi les habitats utilisés et permettant de caractériser les sites d’hibernation de cette espèce.
Résultat : Une attention particulière a été portée à leur protection dans la gestion des parcs-nature. 

2006 : Un système de mesure de survie potentielle à long terme est établi pour les populations de couleuvres brunes. Des sites d’hibernations artificiels ont été installés dans deux parcs-nature. L’équipe du Zoo Ecomuseum s’est chargé de suivre les populations de couleuvres liées à ces hibernacles pendant une année.
Résultat : Malheureusement, en une seule année, bien peu d’individus ont été observés utiliser ces abris artificiels.

2011-2012 : Le Zoo Ecomuseum participe à une étude plus approfondie sur l’espèce. En raison du prolongement d’une route, l’équipe du zoo devait capturer, marquer, relocaliser et suivre toutes les couleuvres brunes affectées par la destruction prochaine de leur habitat.
En plus de ces actions concrètes, le Zoo Ecomuseum a également étudié l’efficacité et la validité de la relocalisation de populations pour compenser la perte d’habitats, évaluant si les couleuvres brunes pouvaient s’adapter et survivre à un nouveau milieu. Il s’agit de la première étude sur les impacts de ce type de mesure compensatoire.
Résultat : Suite à l’analyse des résultats de l’étude, il nous a été impossible de conclure que la relocalisation est une méthode clairement efficace pour assurer la survie de l’espèce lorsque son habitat est menacé de disparaître. Heureusement, ces données serviront à nos prochaines étapes de protection de cette espèce qui en a bien besoin!