Entrevue: À la découverte des amphibiens et reptiles du Québec!

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Entrevue: À la découverte des amphibiens et reptiles du Québec!

David Rodrigue, le directeur général du Zoo Ecomuseum, a tout récemment publié aux Éditions Michel Quintin la deuxième édition du guide « Amphibiens et reptiles du Québec », avec son co-auteur Jean-François Desroches. Nous avons fait une petite entrevue avec lui pour qu’il nous parle du livre, mais surtout de sa passion pour les reptiles et les amphibiens, soit l’herpétofaune.

 

La première édition du guide a été publiée en 2004. Quelles sont les différences majeures entre les deux éditions du livre?

Évidemment, après 14 ans, certaines connaissances ont augmenté, la répartition des espèces dans la province a changé, donc il y avait certaines mises à jour à faire au niveau du contenu. Par contre, le changement majeur se situe au niveau du visuel. Dans la première édition, on avait 238 photos. Dans celle-ci, il y en a 569 – une augmentation majeure! Une des choses intéressantes pour les reptiles et les amphibiens, c’est la variation de couleur entre les individus d’une même espèce. Par exemple, la couleuvre rayée a entre 20 et 25 formes de couleurs différentes!

On a aussi ajouté une section sur la conservation et sur l’éducation. Il y a toute une section qui donne plein  de trucs et conseils pour l’observation des amphibiens et des reptiles en milieu naturel. On a doublé le matériel visuel justement pour encourager l’observation et la faciliter.

D’où vient votre passion pour l’herpétofaune?

Quand j’étais jeune, ça a été parmi les premiers groupes d’animaux qui moi, sont venus me chercher parce que j’interagissais avec eux. Il y avait les insectes, les couleuvres et les grenouilles. Tout jeune, peut-être autour de 6 ans, j’allais avec un ami dans la forêt et on attrapait des couleuvres. Parce qu’on y touchait et qu’on avait ce contact-là avec elles, ça m’a accroché énormément. Ça a probablement joué beaucoup sur le fait qu’aujourd’hui, je pratique ce métier.

Pourquoi les gens devraient s’intéresser à ces animaux?

Justement parce que c’est méconnu. Les gens se disent toujours qu’un oiseau ou un mammifère, c’est beau, intéressant, attirant. Les gens ont encore aujourd’hui des préjugés sur ces animaux. Pourtant, quand ils prennent le temps de les regarder, ils découvrent une beauté qui n’est pas celle d’un oiseau, par exemple. Ils découvrent une beauté et un intérêt qu’eux-mêmes n’auraient jamais pensé avoir et qui provient du fait que c’est très différent de tout le reste.

Les enfants doivent être sensibilisés à la nature, et les reptiles et amphibiens sont un bon véhicule pour ça. C’est difficile pour un enfant d’observer des oiseaux avec des jumelles pour un long moment. Le résultat est loin. Mais amener un enfant trouver une couleuvre ou une grenouille, ça c’est concret. Le résultat est là, dans leurs mains.

Quelle est votre espèce préférée?

J’en ai trois! La couleuvre rayée, pour sa variabilité au niveau des couleurs. La salamandre pourpre, peu connue et peu vue. Elle est très grosse, rose, et elle vit dans les montagnes. Finalement, je trouve que les rainettes versicolores ont une personnalité très attachante!

Si quelqu’un a envie de partir en famille à la recherche de couleuvres, de tortues, de grenouilles ou de salamandres, par quoi devrait-il commencer?

C’est très facile à faire au début. Ça devient un bon prétexte pour faire une petite randonnée dans un milieu qui est plus naturel que la banlieue ou la ville. Ça donne un but à la marche. Ça peut se faire littéralement dans les parcs urbains, les parcs nature, ou prendre la peine de sortir en milieu forestier. Souvent, ce qui est le plus accessible, ce sont les bords d’eau, pour trouver des grenouilles. Sinon, une belle marche en forêt pour montrer aux enfants comment retourner une roche ou une bûche et voir s’il y a des salamandres. Pour un jeune, soulever une roche et trouver une couleuvre ou une salamandre, c’est une relation d’apprentissage qui est complètement différente que de voir une grenouille dans l’eau, par exemple. C’est accessible et facile, il faut juste le faire!