Tortue géographique

La conservation

en action

 

Tortue géographique

Une tortue parmi les humains

De 2009 à 2010, le Zoo Ecomuseum et ses partenaires ont effectué une importante étude sur la population de la tortue géographique (Graptemys geographica) du lac des Deux-Montagnes dans le but de mieux la connaître, et donc mieux la protéger.

Pourquoi s’intéresser aux tortues géographiques
du lac des Deux-Montagnes ?

Bien que la tortue géographique se retrouve à quelques autres endroits au Québec, la population du lac des Deux-Montagnes a la particularité d’être l’une des deux seules populations de taille importante encore aujourd’hui. L’autre population d’importance se trouve en Outaouais. Malheureusement, la population du lac des Deux-Montagnes subit les fâcheux inconvénients liés à l’emplacement de son habitat, directement à l’ouest de l’île de Montréal, là où le niveau d’activités humaines est des plus élevé. Il va de soi que les menaces à la survie de l’espèce sont grandes dans un secteur aussi utilisé par l’homme que le lac des Deux-Montagnes.

Que faisons-nous ?

Dans le but d’identifier et de pouvoir ultimement réduire ou éliminer les menaces à la survie de la tortue géographique, nous avons capturé puis relâché plusieurs centaines de tortues pour déterminer leur état de santé. L’opération nous a également permis d’estimer la taille de la population. Cette estimation pourra ensuite servir de base pour suivre dans le temps l’évolution des effectifs et permettra de déterminer si la population est en croissance ou en déclin.

Sur deux ans, 52 tortues mâles et femelles ont été munies d’émetteurs ayant tous une fréquence unique permettant d’identifier et de localiser chaque individu. Le suivi de ces tortues de mai à novembre a permis d’identifier les habitats importants qui sont utilisés par l’espèce, dont les sites qu'elle fréquente pour s’exposer au soleil, pour pondre les œufs et pour hiberner. Ces habitats sont d’une importance cruciale pour la survie des tortues. Le suivi télémétrique nous a également permis d’en apprendre beaucoup sur la biologie et les déplacements de l'espèce.

Comment se porte la population 

Malheureusement, plusieurs des tortues ciblées avaient des blessures sans doute causées par des hélices de bateaux. Ces activités humaines sont un réel problème, puisqu’en 2009, une des tortues du programme a été retrouvée amputée d’une de ses pattes avant et d’une partie de sa carapace suite à une collision avec une hélice de moteur de bateau.

Les sites de ponte, peu nombreux et souvent situés sur des terrains privés, sont dévastés par les ratons-laveurs et les moufettes devenus surabondants dans la région à cause de l’activité humaine qui leur est favorable. C’est ainsi que les citoyens qui, bien intentionnés en nourrissant les petits mammifères de la région, nuisent fortement à la survie de l’espèce des tortues géographiques.

À la suite de cette étude, les habitats les plus importants à conserver pour la sauvegarde de la tortue géographique au lac des Deux-Montagnes ont été identifiés. La protection de cette espèce en milieu périurbain est un défi de taille que nous comptons bien relever grâce à l’appui et à la collaboration de nos partenaires. Afin de poursuivre ces efforts, depuis janvier 2013, le Zoo Ecomuseum travaille en collaboration avec Conservation de la nature Canada (CNC) à la rédaction d’un « Plan de conservation de la population de tortues géographiques de l’archipel de Montréal », dont le but est d’identifier les mesures de protection et d’aménagement pour les principaux habitats utilisés par l’espèce, de même que des recommandations pour atténuer l’impact des menaces pour la population. 

Le Zoo Ecomuseum est fier de jouer un rôle important dans le rétablissement de cette espèce vulnérable au Québec!

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