Tortue-molle à épines

La conservation

en action

Tortue-molle à épines

La tortue-molle a la vie dure !

La tortue-molle à épines (Apalone spinifera) est unique parmi nos espèces de tortues. Contrairement aux autres espèces, sa carapace est totalement dépourvue d’écailles rigides mais est plutôt recouverte d'une peau épaisse ayant l’aspect du cuir. Cette caractéristique lui donne vaguement l’apparence d’une grosse crêpe plate avec des pattes. Son nez allongé en forme de trompette lui donne également un air sympathique et ajoute à son charme indéniable!

Autrefois, on retrouvait cette espèce dans la rivière des Outaouais, la rivière Richelieu, le fleuve Saint-Laurent et le lac Champlain. Aujourd'hui, la seule population de tortues-molles à épines connue au Québec subsiste au lac Champlain et dans la rivière aux Brochets, soit une fraction des milieux qu'elle utilisait autrefois. Le faible nombre d’individus et les pertes d’habitat reliées à la vocation récréo-touristique et agricole du lac Champlain et des terres environnantes font en sorte que l’espèce est menacée au Québec.

Dès 1997, le suivi d’individus par radiotélémétrie amorcé par l’équipe de rétablissement de la tortue-molle à épines et le Zoo Ecomuseum, a permis d’identifier les habitats utilisés par cette espèce. Celle-ci, qui démontre une fidélité d'année en année aux lieux de ponte et d’hibernation, voit ces habitats réduits par l'augmentation des activités humaines telles que la modification des rives, la pollution de l'eau et le nautisme. Les démarches d’achat de terrains et de protection de l’habitat entrepris par Conservation de la nature Canada ont permis de sécuriser bon nombre de ceux-ci, mais plusieurs menaces à la survie de la tortue-molle à épines persistent.

Ainsi, l’un des deux seuls sites de ponte connus de l’espèce au Québec est régulièrement inondé par la crue soudaine des eaux de la rivière. Autrefois, ces crues étaient amoindries par les milieux humides riverains qui absorbaient l’excès d’eau comme une éponge. Aujourd’hui, ces milieux humides n’existent plus et ont été remplacés par des champs agricoles bien drainés.

De façon à augmenter le taux d’éclosion des œufs, le Zoo Ecomuseum et le Zoo de Granby, de concert avec l’équipe de rétablissement de la tortue-molle à épines, ont incubé en laboratoire des pontes de cette espèce dès 2009. L’opération qui depuis a connu un vif succès; 475 jeunes tortues ont été remis a l’eau près du site de ponte quelques jours après leur éclosion entre 2009 et 2013. 

Pour le Zoo Ecomuseum et l’équipe de rétablissement de la tortue-molle à épines, il s'agit d’une autre étape vers la protection de cette tortue. Il reste toutefois beaucoup à faire pour assurer l’avenir de cette espèce unique au Québec.

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