Tortue musquée

Mais où se cache

la tortue musquée?

En mars 2015, le Zoo Ecomuseum a reçu les appuis nécessaires de ses partenaires afin de réaliser un projet sur une espèce de tortue méconnue au Québec : la tortue musquée. Dès le mois de mai de cette année, le Zoo Ecomuseum procédera à l’étude de la plus petite tortue de la province, dans un endroit où l’espèce vient tout juste d’être découverte : le lac Saint-François.

Pourquoi aider la tortue musquée au Québec?

La tortue musquée est une espèce menacée au Québec, au même titre que la tortue mouchetée et la tortue-molle à épines. Concrètement, cela signifie qu’avoir découvert que ces tortues habitent le lac Saint-François est une grande nouvelle! En effet, elle se fait très rare dans la province. Avant 2014, la seule population connue de l’espèce au Québec se situait dans la rivière des Outaouais à l’ouest de Gatineau.

Heureusement, la tortue musquée a récemment été découverte dans lac Saint-François. Et oui!  Deux individus ont été aperçus dans ce vaste plan d’eau bordé de multiples marais et marécages. Suite à cette découverte, plusieurs questions surgissent à propos de cette énigmatique espèce. Quelle est la taille de sa population à cet endroit? Jusqu’où s’étend sa présence dans le lac Saint-François? Quels habitats utilise-t-elle? Mais aussi, nous voulons savoir si sa population se porte bien. Est-ce que ses individus et ses habitats sont en bonne santé? Qu’est-ce qui pourrait mettre en péril la survie de sa population? Et que peut-on faire pour l’aider?

La destruction et la modification de son habitat menaceraient particulièrement la tortue musquée au Québec. Étant très aquatique, la pêche accidentelle et les hélices de bateau peuvent aussi provoquer de la mortalité chez les adultes et ainsi causer un impact important sur sa population.

D’abord, il y a un début à tout. Pour mieux savoir quoi faire pour protéger la tortue musquée, il faut savoir où elle vit et comment se porte sa population. En clair : où la trouve-t-on et dans quel état sont les habitats? Un inventaire s’impose!

Mais où chercher pour la trouver?

Observer la tortue musquée représente tout un défi! En effet, elle est petite et furtive. Elle sait très bien se cacher, car elle ne sort pratiquement jamais de l’eau. Elle augmente la température de son corps non pas en s’exposant au soleil sur une roche à l’air libre comme la tortue géographique, mais en demeurant sous l’eau et en se dissimulant sous la végétation flottante. Aussi active la nuit, de coloration grise ou brune et souvent couverte d’algues, elle se camoufle parfaitement bien dans son habitat. Au Québec, ses habitats de prédilection sont les baies peu profondes de grands plans d’eau où le fond est vaseux et où la végétation aquatique flottante, émergente et submergée est abondante.

Qu’allons-nous faire exactement?

Pendant environ trois semaines, au mois de mai 2015, deux équipes du zoo parcourront jour et nuit les rives et baies du lac Saint-François à la recherche de tortues musquées. Puisque qu’elles sont difficiles à voir, nos équipes seront formées d’experts à l’œil vif et aguerri pour augmenter nos chances de les trouver.

Que fait-on lorsqu’on les trouve? On vérifie leur état de santé, on les mesure et on note l’endroit. De plus, on les identifie afin de distinguer les individus et ne pas compter deux fois la même tortue.

Et après, que se passera-t-il?

Lorsque toutes ces informations seront collectées et les résultats compilés, on passe à l’action pour sa protection! Un plan d’intervention sera rédigé. Ce plan désignera de façon claire les zones prioritaires où des actions doivent être entreprises pour mieux protéger les habitats de la tortue musquée dans le lac Saint-François.

Ensuite, l’objectif sera d’approcher les organismes locaux de conservation et les municipalités concernées afin de leur présenter le plan. C’est avec la collaboration de ces partenaires que des actions concrètes pourront être réalisées. Car la protection des habitats de la tortue musquée équivaut à protéger les milieux naturels aquatiques et riverains qui aident à ce que l’eau que l’on boit et l’air que l’on respire demeure de bonne qualité.

L’objectif ultime de notre projet est que les usages du territoire par les citoyens locaux s’harmonisent avec le maintien d’habitats riverains et aquatiques en santé afin que la tortue musquée, et les autres espèces qui utilisent les mêmes habitats, puisse y vivre encore très longtemps. Pensons notamment au grand brochet, à la perchaude, à l’achigan à grande bouche, aux hérons, aux canards, au rat musqué et à plusieurs autres animaux fréquentant ces mêmes lieux.

Les partenaires du projet

Ce projet est réalisé, en partie, à l’aide d’une contribution du programme Interactions communautaires. Le financement de ce programme conjoint, lié au Plan d’action Saint-Laurent 2011-2026, est partagé entre Environnement Canada et le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec. Ce projet est aussi rendu possible grâce à l’appui de la Fondation de la faune du Québec, du ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs du Québec et du Service canadien de la faune.

Restez à l’affût, car nous vous tiendrons au courant des résultats des activités de ce projet qui se terminera officiellement le 31 mars 2016.

Fermer